SOCIÉTÉ

• Mercredi 18 mai 2016 à 9h17

21 jeunes du CEFA ont fait un voyage d’études en Roumanie

Les apprentis et leurs deux accompagnateurs, Sylvain Masson (à droite) et Mirella Marnas.

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    Les apprentis et leurs deux accompagnateurs, Sylvain Masson (à droite) et Mirella Marnas.

Les apprentis de la filière Construction bois du Centre d’études forestières et agricoles (CEFA), du moins les 21 jeunes des classes finales des deux sections concernées, Terminale des Bacs pro « Techniciens construction bois » (TCB) et 2 e année des BTS « Systèmes constructifs bois et habitat » (SCBH), ont effectué récemment un voyage d’études en Roumanie, dans le cadre de l’ouverture à l’international. L’un des objectifs était de découvrir des techniques utilisées traditionnellement dans le bâti des pays de l’Est, tout en étant aujourd’hui remises au goût du jour, en intégrant les techniques modernes.


Les jeunes, qui sont tous en apprentissage (car cette filière n’existe qu’en alternance au CEFA) et qui devaient donc avoir l’accord de leur patron pour effectuer ce voyage, étaient accompagnés de deux enseignants, Sylvain Masson, formateur professionnel et référent de la filière, qui a monté le projet, et Mirella Marnas, enseignante en anglais. Le séjour s’est entièrement déroulé sur une période où ils auraient été à l’école, du 19 au 27 février.


Alliance de la tradition et du modernisme


En Roumanie, l’utilisation du bois dans le bâti fait partie de la culture, et ce depuis bien longtemps. Le programme du voyage avait pour but de faire découvrir aux professionnels que sont déjà les apprentis l’histoire du bois et des hommes dans ce pays, pas seulement dans la construction mais à l’échelle de toute la filière bois. « Je souhaitais que l’expérience puisse être transversale, explique Sylvain Masson, et que les retours que l’on en fait soient aussi utiles à nos collègues commerciaux ou de gestion forestière. » C’est pourquoi les jeunes sont allés visiter à la fois une grande scierie internationale et une autre utilisant le bois local, une entreprise moderne de construction bois, l’atelier d’un charpentier sculptant le bois, l’Université du bois de Brasov, tout en ayant aussi au programme des sorties en forêt avec l’organisme roumain équivalent de l’ONF, afin de mieux comprendre la gestion de la matière première.

Ils étaient hébergés les premiers jours dans une école de sylviculture (dont un enseignant est parfaitement francophone), ce qui leur a permis des échanges. Un programme chargé et varié, pour toucher du doigt de multiples facettes du métier.



Un séjour aussi culturel


D’un point de vue culturel, les voyageurs ont pu découvrir en particulier les églises en bois empilé (dont une du 14 e s référencée au patrimoine de l’Unesco) et le monastère de Barsana, le tout dans la région de Maramures, au nord-est du pays, ainsi que des maisons traditionnelles et des moulins. Le monastère de Barsana, qui est toujours habité et utilisé, comporte un ensemble de constructions très diverses, parmi lesquelles la porte spécifique de Maramures, la tour clocher, l’église et plusieurs maisons. Le plus ancien bâtiment de l’ensemble date du xiv e siècle et il a été déplacé sur ce site début 18 e. Un chantier était en cours, pour un bâtiment en béton.

Les charpentiers dressaient la toiture : une charpente impressionnante par sa hauteur et les moyens utilisés pour la construction et le levage ! Les apprentis constataient que le travail était propre et bien réalisé, mais que les conditions pour l’exécuter sont loin de ce qui se pratique en France…

Côté modernité, les jeunes ont visité une grande scierie internationale, qui ne traite que du résineux (épicéa surtout) livré par grumiers ou trains forestiers arrivant directement sur site. Les ouvriers travaillent en 2 x 8 h et usinent environ 650 m 3 par jour.

Le matériel est moderne et tout automatisé. L’entreprise produit principalement de l’avivé et du contrecollé, et ne traite que du gros contrat et de l’export. Ce qui permet à une petite scierie de village de coexister tout à côté ! Elle par contre ne travaille qu’en local et surtout avec des particuliers, assurant ainsi sa viabilité. Chacune peut cohabiter et faire fonctionner le tissu local, pour la production comme pour l’embauche.

Les apprentis se sont également rendus dans l’atelier de fabrication d’une récente entreprise de construction bois (moins de 15 ans), qui construit des maisons bois tout ce qu’il y a de plus moderne. L’atelier, sobre, contient tout l’outillage nécessaire et l’organisation est optimale. L’entreprise travaille essentiellement pour l’étranger (Allemagne, Italie, France), car les Roumains sont assez frileux quant à la maison bois moderne. Mais les jeunes Français ont eu la chance de pouvoir visiter un de ses chantiers : une superbe maison d’architecte en pin Accoya (bois transformé, ayant reçu un traitement spécifique le rendant plus résistant). L’architecte leur a expliqué avoir recherché un design à la fois moderne et traditionnel, ce qui était parfaitement réussi dans l’esthétique du bâtiment concerné.



Une filière encore toute jeune au CEFA


La filière Construction bois est encore très récente au CEFA par rapport à l’histoire de l’établissement, et pas forcément très connue : « Cela reste l’école forestière », commente Sylvain Masson. Notre spécialité est peu visible, même dans le nom de l’école, et on ne recrute pas beaucoup localement. Le recrutement est d’ailleurs difficile pour des classes entières de 12, les entreprises étant un peu frileuses… Le Bac pro a d’abord été ouvert, en apprentissage, avec une première promo en 2007. Puis l’ouverture du BTS a sorti sa première promotion en 2011. Pour avoir toute la filière en Construction bois pure, le CEFA a demandé un CAP charpente, qui verra le jour à la rentrée 2016, en lien avec le Lycée professionnel bâtiment de Livron (le CEFA étant support technique). « Il y a donc une évolution régulière de la filière. L’équipe n’est pas encore tout à fait posée, il y a eu des changements, mais on trouve notre rythme, » explique Sylvain Masson. Cette équipe comporte huit personnes, quatre enseignants techniques et quatre de matières générales  ». Nous sommes tous des professionnels passés à l’enseignement ; on a donc bien la vision de ce qu’on apprend et de ce qui se passe sur le terrain. » Le professeur référent est depuis six ans au CEFA, après douze années de chantiers construction bois, dont beaucoup à l’étranger. «  C’est pour ça que je voulais donner le goût du voyage et de l’aventure aux apprentis, pour les faire se construire en tant qu’individus et en tant que professionnels. C’est le premier voyage d’études que l’on a pu faire, grâce à des fonds européens et de la Région. Mais j’espère bien pouvoir le pérenniser : on monte un dossier pour l’année prochaine pour la Norvège… ». Le bilan du voyage a été très positif pour les jeunes, en termes de découvertes professionnelles à l’étranger, mais aussi en enrichissement personnel, à travers les contacts, entre eux déjà et avec un peuple méconnu, qu’ils ont découvert très chaleureux, volontaire et extrêmement travailleur.



M-F. Tonelotto (CLP)




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