SOCIÉTÉ

• Vendredi 2 septembre 2016 à 9h33

La culture de la vigilance à l’heure de la rentrée

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S’il est coutume de considérer la rentrée des classes comme un sujet récurrent, revenant année après année, la rentrée 2016 se distinguera sans nul doute des précédentes, mais d’une bien triste façon. En effet, le risque attentat étant considéré comme à un niveau élevé, de nombreuses mesures pour assurer la sécurité des établissements ont été prises. Certaines ne seront effectives que le jour de la rentrée, d’autres en revanche sont appelées à durer. Concernant jeudi 1 er et vendredi 2 septembre, ce sont environ 25 patrouilles de police nationale et municipale qui ont été déployées sur Valence, Romans et Montélimar, auxquelles il faut ajouter 200 gendarmes. Les patrouilles seront visibles dès 7 h 30 du matin aux abords des établissements. Notons que plus de 200 réservistes de premier niveau, c’est-à-dire directement employable, viendront prêter main-forte aux forces de l’ordre. Puis, à compter de la semaine prochaine, « la pression ne sera pas relâchée, explique Éric Spitz, préfet de la Drôme, avec notamment la mise en place de patrouilles dynamiques (police municipale) tout au long de l’année, mais également d’unité fixe à des points stratégiques. » Côté gendarmerie, il s’agit « du renforcement d’un dispositif de sanctuarisation des établissements scolaires que l’on mène déjà depuis des années, souligne le colonel Lionel Herbert.  » On peut par exemple noter un important travail fait en amont avec les référents sûreté (un policier ou gendarme par établissement), qui a entre autres permis aux gendarmes de recueillir la totalité des plans des bâtiments, de faire reconnaître les abords de chaque école, collège ou lycée pour une action plus rapide, et de contacter les entreprises de transport scolaire. Bien sûr, comme le souligne Jean-Pierre Santaniello, commissaire divisionnaire, « il s’agit d’un dispositif avant tout dissuasif » . Le véritable changement doit venir de la population elle-même. Il s’agira donc de rentrer dans ce qu’Éric Spitz appelle « la culture de la vigilance au sein de la communauté éducative. » Par exemple, chaque établissement devra réaliser trois exercices dans l’année – dont un à thématique « attentat intrusion », tous les élèves de 3 e seront initiés aux gestes de premier secours, et une attention particulière sera portée sur les signes de radicalisation – aujourd’hui en Drôme, cinq lycéens sont suivis pour radicalisation. Impossible d’être exhaustif concernant les mesures prises, concluons simplement que les pouvoirs publics ne peuvent pas tout, et que c’est à l’attention de tous qu’il faut s’en remettre. Bref, conclue Éric Spitz « on entre dans une nouvelle ère. »


Frédéric Coutisson


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