SOCIÉTÉ

• Mercredi 5 octobre 2016 à 9h46

Ils ont rejoint la Réserve

Dans la Drôme, les réservistes peuvent rejoindre l'Armée de terre, la police, ou la gendarmerie.

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    Dans la Drôme, les réservistes peuvent rejoindre l'Armée de terre, la police, ou la gendarmerie.

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    L'objectif du Gouvernement est d'atteindre le chiffre de 63 000 réservistes pour 2019 (photo - Gendarmerie de la Drôme).

Au lendemain de l’attentat de Nice, le Président de la République a lancé un appel à l’ensemble des Français, les invitant à rejoindre la Réserve opérationnelle et ainsi apporter un renfort temporaire et occasionnel aux forces de sécurité du pays, très sollicitées depuis la mise en place de l’Etat d’urgence. L’objectif est d’atteindre les 63 000 réservistes mobilisables pour 2019 (ils sont 51 000 aujourd’hui) et l’heure est donc au recrutement.
Mais quelles sont les conditions pour intégrer cette Réserve et en quoi cela engage t-il ? Décryptage de ce dispositif
et témoignage d’un jeune réserviste.


La 4 e édition des Rencontres de la sécurité qui se tiendra du 12 au 15 octobre sera placée dans la Drôme sous le signe de l’engagement. Un choix qui s’est imposé suite à l’appel lancé par François Hollande, au lendemain des attentats du 14 juillet, à rejoindre les rangs de la Réserve opérationnelle. « L’ambition du Gouvernement est de muscler ses réserves, socle d’une future Garde nationale. Notre objectif est donc qu’un maximum de citoyens s’engagent dans ces réserves » explique Éric Spitz, préfet de la Drôme.


S’engager oui, mais comment ? Sous quelles conditions et pour quelles missions ? Et dans quel corps ? Car dans la Drôme il est possible de s’engager en tant que réservistes dans la gendarmerie, l’armée de terre (spahis) et la police. Et les conditions ne sont pas tout à fait les mêmes… Notamment en matière d’âge. La police recrute des réservistes ayant entre 18 et 65 ans, la gendarmerie s’arrête à 40 ans pour les personnes issues du civil (jusqu’à 65 ans pour les officiers issus des armées), et l’armée de terre se concentre sur les plus jeunes, recrutant de 17 à 34 ans.


L’armée de terre pour les jeunes


Il faut dire que dans l’armée de terre, les réservistes sont formés pour devenir rapidement opérationnels et intégrer des unités ou les états-majors d’active. Avec pour objectif d’apporter un complément militaire utile aux forces armées sur des missions de combat et de défense civile, ou des missions de transport, de circulation et de travaux du génie.

Après avoir été retenu (épreuve de sélection), chaque réserviste de l’armée de terre reçoit une formation spécifique de 15 jours, consistant en l’apprentissage des actes fondamentaux du soldat, à savoir maniement des armes, sport, secourisme. « Et puis régulièrement sur des week-ends que nous passons à la caserne Baquet, en autonomie avec l’escadron de réserve, nous avons des séances de tir pour être toujours employables, des sessions de formation au secourisme, des séances de sport et des exercices avec des scénarios répondant aux opérations Vigipirate ou Sentinelle sur lesquelles nous intervenons » explique M. Glize, étudiant en 2 e année de BTS et réserviste au 1 er régiment de spahis depuis 2013.

Dans la Drôme, l’armée de terre compte 170 réservistes, dont 150 arment l’escadron de réserve essentiellement composé de jeunes. Des réservistes mobilisables une trentaine de jours par an et rémunérés entre 55 et 150 € la journée en fonction de leur grade (contact : CIRFA – Centre d’information et de recrutement des forces armées – de Valence, avenue Dupré de Loire).



La police pourrait s’ouvrir plus largement aux civils


Du côté de la police, outre une réserve dite statutaire composée de tous les fonctionnaires de police retraités (durant 5 ans après leur retraite), mobilisables sur ordre du Gouvernement, il existe une réserve de 1 er niveau immédiatement mobilisable. Mais contrairement à celle de l’armée de terre ou de la gendarmerie, cette réserve est essentiellement composée d’anciens policiers ou de jeunes retraités qui ont choisi de continuer de faire un certain nombre de vacations (jusqu’à 90 jours par an). Ils sont mobilisables sur les mêmes missions que les policiers actifs, à savoir sécurité des escortes, sécurité et surveillance de locaux, patrouilles, procédures, enquêtes, investigation, mission administrative et logistique…

« Pour l’instant il n’y a pas encore de possibilité pour la police d’engager des civils dans sa réserve mais cela pourrait évoluer. Pour l’heure les civils peuvent uniquement s’engager à nos côtés dans la réserve citoyenne, pour des missions de logistique et de soutien. Sur les 22 réservistes que nous avons dans la Drôme, 4 sont des personnes issues de la société civile, le reste étant des retraités des corps actifs de la police nationale » précise Pierre-Olivier Mahaux, directeur départemental de la Sécurité publique.

L’indemnité journalière des réservistes de la police est de l’ordre de 80 à 110 € par jour, en fonction du grade.



La gendarmerie, le grand recruteur


Enfin, la réserve de la gendarmerie est certainement la plus large car ouverte à tous les civils jusqu’à 40 ans (et respectivement 50, 64 et 65 ans pour les militaires, sous-officiers et officiers issus des armées). Comme dans la police, cette réserve opérationnelle de 1 er niveau employée chaque jour par la gendarmerie (ces réservistes peuvent faire jusqu’à 150 jours par an), est complétée d’une réserve de 2 e niveau formée par d’anciens militaires qui ont obligation de disponibilité durant 5 ans après leur retraite. Dans la Drôme, cette réserve de 2 e niveau compte 170 personnes.

Pour ce qui est de la réserve opérationnelle de 1 er niveau, ils sont aujourd’hui 199 réservistes dans la Drôme et 40 candidatures sont en cours de recrutement. « Nous avons vu une recrudescence des candidatures depuis les attentats » affirme Patrice Chaix, chef d’escadron de réserve chargé de la gestion de ces hommes dont 20 à 25 sont employés chaque jour auprès des gendarmes drômois. « Les brigades nous font leurs demandes et on essaye de leur fournir le nombre de réservistes souhaité, en fonction des disponibilités de ces derniers qu’ils inscrivent sur le site Minot@ur. Ils travaillent ensuite en autonomie au sein de la brigade, par équipe de 3 composée d’un ancien de l’arme et de deux plus jeunes. » explique Patrice Chaix.

« L’objectif est qu’ils apportent une plus-value à nos unités » ajoute la Colonel Lionel Herbteh, nouveau patron de la gendarmerie de la Drôme. Sur des missions de surveillance dans le cadre de la lutte contre les atteintes aux biens et aux personnes, la lutte contre la délinquance, et la sécurisation des manifestations sportives ou culturelles et des lieux sensibles. Cela bien évidemment après deux sessions de 13 jours de formation (PMG : préparation militaire gendarmerie) où les réservistes suivent une formation militaire puis apprennent les différentes procédures pour l’obtention de la qualification agent de police judiciaire adjoint, avec prestation de serment devant le Tribunal. Ensuite une formation continue se met en place pour entretenir les savoir-faire et les connaissances des réservistes dont la rémunération en gendarmerie est comprise entre 55 et 150 € la journée.

« Notre objectif est d’atteindre dans la Drôme les 308 réservistes pour 2018, tous grades confondus. Sur un plan budgétaire, cela coûte évidemment de l’argent, mais le message a été clair : le budget ne doit pas être un problème. » annonce le Colonel Herbeth qui encourage les volontaires à se renseigner sur le site Minot@ur (Moyen d’information opérationnelle et de traitement automatisée de la réserve).



Julie Sanchez


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