ÉCONOMIE

• Lundi 17 octobre 2016 à 9h52

12 000 panneaux à haut rendement pour le parc photovoltaïque de Donzère

Aperçu du parc photovoltaïque. (Photo : CNR).

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    Aperçu du parc photovoltaïque. (Photo : CNR).

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    Coupure du ruban par Elisabeth Ayrault et Eric Besson, avec les conseillers départementaux et régional (à d) ainsi que l'ancien propriétaire du site, M. Piallat.

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    Aperçu du parc photovoltaïque

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    Les responsables de la CNR (1er plan) et les élus départementaux et régionaux (2d plan à d) durant le discours d'Eric Besson.

Vendredi 7 octobre a été inauguré conjointement par la présidente directrice générale de la CNR, Élisabeth Ayrault et le maire de Donzère, Éric Besson, le 4 e parc photovoltaïque drômois, après Saulce, Les Tourrettes et Saint-Restitut. Il s’agit du 15 e mis en place par la CNR en Rhône-Alpes et Paca. Il se situe sur le quartier des Peyrauds, au sud de Donzère et en bordure du canal et de la RN7.


Depuis la mise en service de sa première centrale photovoltaïque en 2008, sur le toit de sa centrale hydroélectrique de Bollène (84), la CNR a développé plus de 60 MWc (MW crête, l’unité de puissance en photovoltaïque), essentiellement sur des parcs au sol.


La CNR diversifie, depuis dix ans, son mix énergétique en développant des parcs éoliens et photovoltaïques dans et hors de la Vallée du Rhône, en complément de son cœur de métier : l’hydraulique. Aux côtés des territoires, elle est acteur à part entière de la transition énergétique et dispose aujourd’hui d’une puissance installée de plus de 3 500 MW dans les trois énergies. Ce qui la positionne comme premier producteur français d’énergie 100 % renouvelable. D’ici 2020, la CNR vise 4 000 MW de puissance installée en France dans les trois énergies renouvelables.

D’ores et déjà, le seuil des 60 MWc franchi avec la mise en service du parc de Donzère réjouit la présidente Élisabeth Ayrault. « Ce site est le premier inauguré faisant partie du 3 e appel d’offres CRE (Commission de régulation de l’énergie) qui court jusqu’en 2017. Après viendra le 4 e jusqu’en 2019. Sur le 3 e , nous avons encore deux projets en cours en Drôme, les parcs de Bourg-les-Valence (3,4 MWc) et La Roche-de-Glun (2,6 MWc), qui seront construits d’ici fin 2017. » Avec les nouveaux projets qu’elle développe, la CNR atteindra plus de 80 MWc de puissance installée d’ici fin 2017, avec un total de 21 parcs. Les cinq projets en cours actuellement (Drôme, Isère, Vaucluse et Hautes-Alpes) couvriront 18,2 MWc supplémentaires pour un investissement de 21 M €. La CNR totalise aujourd’hui 9 parcs en Drôme-Ardèche (Saint-Georges-les-Bains, Arras-sur-Rhône, Le Pouzin, Largentière et Orgnac-l’Aven), soit plusieurs dizaines de MWc et plusieurs dizaines de milliers d’habitants couverts en production solaire photovoltaïque. Largentière reste à ce jour le plus grand parc en Rhône-Alpes, avec 12 MWc et 51 500 panneaux sur 24 ha.



Un parc nouvelle génération


Le nouveau parc inauguré, mis en service en juillet dernier, couvre une puissance de 4 MWc avec 12 000 panneaux sur 5 ha. Mais il représente une production annuelle de 6 600 MWh, ce qui correspond à la consommation électrique d’environ 2 800 habitants (soit la moitié de la ville de Donzère). Si l’on compare avec le premier parc drômois, celui de Saulce mis en service en mai 2010, pour quasiment la même puissance (4,1 MWc), il a fallu 19 000 panneaux sur le double de terrain (10,2 ha). Même l’avant-dernier inauguré (en septembre 2015), celui tout proche de Saint-Restitut occupe 6 ha pour 11 000 panneaux, pour 3 MWc. Et en termes de coût, le parc donzérois s’élève à 6 M €, alors qu’il avait fallu 14 M € pour Saulce et 4 M € pour Saint-Restitut. Par contre, les parcs au sol sont toujours installés par la CNR sur des friches industrielles, ne présentant pas d’enjeux agricoles ou naturels. À Donzère, il s’agissait d’un ancien dépôt de matériaux, et le site était classé comme « à industrialiser » par la commune. Les lieux sont revégétalisés sous les panneaux par l’ensemencement de graines diverses.

Le « plus » du parc donzérois, c’est que ses panneaux (monocristallins, en silicium) sont des panneaux à très haut rendement. « Il a fallu sur ce parc réduire la surface initiale, prévue de 7 ha, tout en conservant la même puissance, a expliqué Julien Chaumont, responsable du développement du solaire à la CNR. Nous nous sommes donc tournés vers des panneaux nouvelle technologie, à très haut rendement de production d’électricité. » Le bémol malheureusement, c’est que ces panneaux, contrairement aux derniers parcs installés, ne sont pas de fabrication française, mais asiatique. « On ne trouve pas encore ce type de panneaux en France, ni même en Europe ».



Privilégier la filière française


Hormis cette fois, la fabrication des panneaux de production d’énergie, la CNR favorise les entreprises françaises de la filière dans l’implantation de ses parcs, pour créer ou sauvegarder de l’emploi. Une nouvelle fois (comme à Saint-Restitut par exemple), les panneaux sont installés sur des « trackers » (châssis), des structures à axe mobile qui suivent l’orientation du soleil d’est en ouest afin d’optimiser la production d’électricité. « En 8 ans, on a multiplié par 2 le rendement, explique le technicien. Avec les panneaux-tournesols, on gagne 15 % de production supplémentaire. Et les panneaux ont une durée de vie minimale de 30 ans. » Les châssis sur lesquels ils sont installés sont de fabrication française (Exosun, Gironde). Les travaux (7 mois de chantier) ont été réalisés pour l’installation des panneaux par Bouygues Énergies et Services (Hérault) et les bâtiments électriques par Schneider Electric (Savoie). Le projet permet pour la collectivité des retombées économiques locales importantes et des retombées fiscales à long terme. Et une dizaine d’emplois, directs ou indirects, sont générés pour la maintenance, l’entretien ou la surveillance du site, même si ce dernier est entièrement clôturé et sous télésurveillance.

La CNR ne va pas s’arrêter en si bon chemin : elle a encore des projets pour de nouvels appels d’offres… « Nous choisissons nos sites, a précisé la présidente. Nous déposons peu de dossiers, mais un sur deux est sélectionné ! C’est exceptionnel. La CNR veut tripler sa puissance hors Rhône d’ici à 2020, et 25 % encore à développer viendront du solaire… » Et en écho son chargé du développement confie : « Il y a encore beaucoup de potentiel, y compris en Drôme. Le photovoltaïque a de beaux jours devant lui… »



Marie-Françoise Tonelotto (CLP)

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