ÉCONOMIE

• Mardi 25 octobre 2016 à 9h52

Une carrière à la pointe des progrès techniques et sécuritaires à Roussas

L'inauguration par les élus et les directions de GSM le 7 octobre dernier. Hervé Guichardon est le 3e à gauche, près de la maire de Roussas. Les directeurs sectoriel et régional sont tout à gauche et tout à droite (photo : GDD).

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    L'inauguration par les élus et les directions de GSM le 7 octobre dernier. Hervé Guichardon est le 3e à gauche, près de la maire de Roussas. Les directeurs sectoriel et régional sont tout à gauche et tout à droite (photo : GDD).

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    Hervé Guichardon (à droite) et Arthur Caer, avec le trophée de l'Environnement.

La carrière Granulats de la Drôme (GDD) de Roussas, gérée par GSM et reconnue au niveau national pour l’excellence de son calcaire blanc, a totalement rénové ses installations industrielles sur 2015-2016. Objectif affiché : mettre en place les dernières technologies de production et de rendre de facto les installations beaucoup plus performantes, tout en apportant plus de sécurité aux personnels et en améliorant considérablement ses impacts environnementaux.


C’est un investissement très important et gagnant sur tous les plans, ce dont se réjouissent le chef de carrière, Hervé Guichardon et son chef d’exploitation, Arthur Caer.


Les nouvelles installations ont été inaugurées le 7 octobre en présence des directeurs de secteur et régional de GSM, et des élus locaux, notamment la maire de Roussas, Christiane Robert, son homologue des Granges Gontardes (où GDD gère aussi une petite carrière alluvionnaire), Michel Approyan, et la conseillère départementale Renée Payan. À cette occasion, a été remis parallèlement à Hervé Guichardon et son équipe le certificat de niveau 4 (sur 4) par rapport à l’impact sur l’environnement, saluant ainsi la gestion responsable de la carrière. Ce prix, et trophée, leur ont été remis par M me Robert et Jérôme Badie, président de la Charte Environnement des Industries de carrière Rhône Alpes.

Vendredi dernier, lors de notre rencontre, le chef de carrière avait quelques soucis avec les pistes montant tout en haut du site, où se fait l’extraction, en raison des fortes pluies de la nuit et la matinée : les pistes étaient ravinées et impraticables pour les énormes camions ! « Heureusement aujourd’hui, grâce aux nouvelles installations, nous avons plus de stock, et donc nous pouvons continuer à travailler quand même (sauf les personnes chargées de l’extraction), à fournir nos clients. Lundi, je mettrai un engin pour refaire les pistes ! De toute façon, quand il y a trop de pluie, les matériaux sont de moins bonne qualité, donc il vaut mieux arrêter. »



Un calcaire de qualité exceptionnelle


Et justement le calcaire, très blanc, du site de Roussas est réputé et recherché par de nombreux architectes, ainsi que par les centrales à béton, dans toute la France. Ses qualités lui viennent aussi bien de ses caractéristiques mécaniques que de sa composition chimique (carbonate de calcium pur) : c’est la seule carrière à proposer une telle qualité dans un large périmètre. « Depuis 22 ans que je travaille dans les carrières, je n’avais pas vu un tel produit avant d’arriver ici, en 2003 » confie Hervé Guichardon. Le concassage ressort très très blanc : c’est ce qui fait la richesse du gisement ici. Et je suis très heureux d’avoir pu mener de A à Z un important projet de restructuration sur le site : c’est une chance que j’ai eue, et toute l’équipe vient au boulot avec plaisir, c’est très valorisant » Les principaux clients du site sont d’abord les deux usines locales de Fabemi (Donzère), les centrales à béton de Lafarge, Vicat, Cémex…, le groupe local Sols (Livron, bétons désactivé et d’environnement), les entreprises locales de Travaux publics, les marbreries… « Il n’y a pas de petits clients, commente Hervé. Simplement, il y a ceux qui ont besoin de nos produits en permanence et ceux pour qui c’est ponctuel. Mais tous ont droit à un matériau d’aussi bonne qualité ! ». Le chef de carrière dirige deux sites : celui de Roussas et un autre près de Nîmes. Arthur Caes quant à lui gère quatre sites : Roussas et Les Granges-Gontardes dans la Drôme et deux autres près de Montpellier, où se trouve la direction de secteur du groupe, la direction régionale étant à Bordeaux.


Les rénovations et réaménagements accomplis


Un ambitieux programme de modification du processus de production et de renouvellement de matériels a été mené sur deux ans par GDD pour optimiser les performances. Un concasseur a été remplacé et un crible tertiaire ajouté, ce qui a permis d’augmenter de 50 % la production, pour arriver à plus de 350 t/h. De même, un système automatisé de dernière génération permet une plus grande souplesse dans la production du sable et des gravillons pour béton, tout en garantissant une grande régularité dans la qualité des produits. De plus, les capacités de stockage ont été augmentées, avec la création d’un hangar à sable qui le met à l’abri du vent, et donc génère beaucoup moins de poussière. « Le bâtiment de stockage était obsolète. Là, on a fait un hangar fermé avec des murs de 5 m de haut et un bardage étanche, une seule ouverture à l’opposé du vent, ainsi l’effet poussière est maîtrisé, explique Hervé. Toujours contre la poussière, tous les tapis de transport des matériaux sableux ont été capotés, et on met en place un réseau d’arrosage automatisé sur toute l’installation, qui sera finalisé d’ici fin 2016, avec anémomètre pour diffuser plus ou moins d’eau selon le vent. » Tout comme « l’effet poussière », l’impact visuel a été considérablement réduit vis-à-vis des riverains les plus proches, avec un retrait de 350 m plus à l’intérieur de la carrière et des installations abaissées, ce qui diminue aussi l’impact sonore de 70 %.

En ce qui concerne les riverains, de nombreuses réunions de concertation ont été menées avant les nouveaux aménagements, et de toute façon des réunions régulières se déroulent avec les plus proches voisins et les deux municipalités concernées. « Ces réunions sont très constructives, et les riverains sont aujourd’hui satisfaits. Ce qui n’était pas forcément le cas à mon arrivée ! Mais maintenant, nous avons établi un bon relationnel, à force de dialogue, et tout se passe bien », commente Hervé.



La sécurité, primordiale


Les nouvelles installations permettent également une sécurité accrue pour les personnels, dix personnes tout compris, depuis le chef et son adjoint, Valentin, qui n’a que 22 ans, jusqu’au laborantin et au commercial, en passant par trois salariés à la production et la maintenance, deux pour l’accueil et le chargement clientèle, et une à la bascule, Alexia, tout juste 20 ans. « Au niveau de la sécurité des personnes, on est sur ce qui se fait de mieux dans les carrières, précise Hervé. On est dans un milieu très difficile, où le moindre moteur peut être dangereux. Le nouvel outil permet de mettre beaucoup moins à contribution le personnel, tout est automatisé. Le seul bémol, c’est qu’il faut un peu moins de personnes… ». L’équipe est jeune en moyenne d’âge, avec plusieurs autour de 20 ans : le tout dernier recru n’a que 19 ans, en contrat de professionnalisation, le plus âgé 54 ans. « Souvent dans les carrières, on a une population plutôt vieillissante. Là, on a la chance d’être une équipe jeune, très motivée et très unie, avec des jeunes qu’en veulent… On est vraiment un groupe. » La sécurité est très importante aussi pour les chauffeurs des camions : « Les gros camions (Carterpilar), de 70 et 80 t, descendent du sommet (la carrière occupe 25 ha sur 1,5 km de long, tout en pente) environ 3 000 à 3 500 t par jour sur 8 h Descendre en charge comporte de gros risques : les chauffeurs ont une formation très lourde, et ils ne sont pas interchangeables ! ».


L’environnement n’est pas négligé


Parmi les aménagements, certains concernent aussi l’environnement. Évident, puisque la carrière a reçu le prix niveau 4 de la Charte de l’environnement ! Outre les précautions, toutes les eaux de ruissellement sont récupérées dans un bassin sur la carrière : « Rien ne sort du site ! », affirme le chef. Parallèlement, il y a eu aussi des aménagements environnementaux de compensation, au fur et à mesure de l’extension de la carrière, et des réaménagements des parcelles dont l’exploitation est terminée : « On fait de la (ré) ouverture de milieux sur des terrains annexes appartenant à la mairie : l’iris nain réapparaît par exemple, et on a introduit des magiciennes dentelées (grosses sauterelles). On fait brouter sur le site des chèvres du Rove deux fois par an. Et on a revégétalisé les parcelles terminées en récupérant de la terre sur des chantiers, et en replantant. Pour cela, les jeunes du CEFA interviennent par exemple une fois par an. » Enfin, tous les déchets qui sortent du site partent en recyclage : « La traçabilité de nos déchets est très importante, tout est retraité. Ça a un coût, mais ça vaut le coup ! », conclut avec humour Hervé Guichardon.


M-Françoise Tonelotto (CLP)


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