ÉCONOMIE

• Lundi 21 novembre 2016 à 9h24

BTP : les entreprises restent fragiles malgré une petite reprise

Eric Sautel, Hervé Liotard, Cécile Gruat et Gérard Payen, élus à la fédération du BTP Drôme-Ardèche, ont fait part de leurs inquiétudes qui persistent malgré une tendance à la reprise.

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    Eric Sautel, Hervé Liotard, Cécile Gruat et Gérard Payen, élus à la fédération du BTP Drôme-Ardèche, ont fait part de leurs inquiétudes qui persistent malgré une tendance à la reprise.

Depuis quelques mois, on entend que le BTP se porte mieux et que les affaires reprennent. Une bonne nouvelle en soi, sauf que la situation n’est pas tout à fait la même dans tous les départements de France. « La Drôme et l’Ardèche restent deux départements ruraux, sans grande agglomération et du coup on ressent moins cette embellie que les territoires qui ont de grosses structures et des besoins » explique Gérard Payen, le président de la fédération Drôme-Ardèche du BTP.


Et la situation est aussi très différente suivant les secteurs d’activités. Pour le bâtiment par exemple, difficile de parler de reprise car certes les volumes ont légèrement augmenté au 1 er semestre 2016, mais les derniers mois ne confirment pas cette tendance. Alors que pour les travaux publics, les choses sont un peu plus nettes avec des chiffres qui confirment une tendance d’augmentation des volumes sur cette fin d’année. « Une croissance à pondérer toutefois, précise Hervé Liotard, président de la section travaux publics, car nous comparons à des années antérieures fortement dégradées. »

Il y a donc de quoi se réjouir un peu mais la situation reste très fragile, et la crainte des professionnels du BTP est toujours ce manque de visibilité pour 2017. Et si la situation s’améliore, les difficultés sont encore bien réelles pour les entreprises drômoises et ardéchoises.



Des difficultés toujours présentes


Demeurent notamment des problèmes financiers. La crise a lourdement affaibli la trésorerie des entreprises du BTP qui du coup vont avoir du mal à faire face à cette reprise. D’autant que les niveaux de prix ne permettent pas de dégager une rentabilité suffisante. En effet la baisse des volumes ces dernières années a entraîné une concurrence exacerbée et une baisse des prix souvent déraisonnable. « Ce n’est pas parce que les volumes augmentent qu’on va retrouver une santé financière. Sur fin 2016 et début 2017 on va avoir des marchés qui repartent mais malgré tout des entreprises qui tombent car les marchés ont été traités à des prix très bas. Et notre grosse crainte, c’est de savoir comment nos entreprises vont pouvoir tenir au niveau rentabilité, et si elles vont pouvoir accompagner cette reprise. » explique Éric Sautel, vice-président Drôme de la fédération Drôme-Ardèche du BTP, qui engage les maîtres d’ouvrage à ne pas céder à l’appel des prix bas, rarement garant d’une prestation de qualité.

Autre sujet d’inquiétude pour la fédération du BTP : la concurrence déloyale, à la fois des entreprises utilisant de la main-d’œuvre étrangère partiellement déclarée, et des entreprises étrangères qui ne respectent pas les règles sociales, ou encore pour les artisans des auto-entrepreneurs qui ne déclarent pas tout leur chiffre d’affaires.

L’accès aux marchés est aussi un sujet qui préoccupe les élus de la fédération, notamment avec les évolutions du code des marchés qui ont créé de nouvelles procédures et des marchés dits globaux auxquels les TPE et PME ne peuvent répondre. « Avec la constitution des grandes agglos, les marchés deviennent très importants et difficiles d’accès aux TPE et PME. Pour ce qui est des travaux publics, dont 70 % de l’activité relève de la commande publique, nous demandons aux élus de veiller à e qu’il n’y ait pas que des gros marchés, et à privilégier l’allotissement. » explique Hervé Liotard.

Enfin, et ça, ce n’est pas vraiment nouveau, les contraintes administratives sont toujours présentes et se multiplient. « Et dans une période où il faudrait qu’on soit fort pour redémarrer notre activité, on nous met des bâtons dans les roues comme avec ce dispositif pénibilité impossible à mettre en œuvre. On a obtenu d’y travailler par branche mais ça va être long et compliqué » annonce Gérard Payen. « Trop de choses pèsent sur les épaules des entrepreneurs. Cette lourdeur administrative puise du temps et de l’énergie, nous empêche de nous concentrer sur notre métier et tout simplement d’avancer. » se désole Cécile Gruat, vice-présidente Ardèche. Et ce n’est pas fini puisqu’à partir de janvier 2018, les entreprises devront collecter l’impôt sur le revenu. « Ce n’est pas qu’on soit pour ou contre mais ce n’est pas à nous de le faire ! Encore une fois c’est un travail de l’administration donné aux chefs d’entreprise. Sans compter que ca va avoir un coût car il va falloir adapter nos logiciels, et que ca pose certaines questions en matière de responsabilité » poursuit l’élue de la fédération du BTP.

Malgré ces difficultés qui perdurent, il y a toutefois des raisons d’être optimistes et c’est sur cette note que les élus de la fédération du BTP Drôme-Ardèche veulent conclure : « Il n’y a pas de raison que la Drôme et l’Ardèche ne bénéficient pas de la reprise enregistrée au niveau national, et en plus le projet de loi de finances contient des mesures favorables pour accompagner une reprise. On reste donc optimistes. »



Julie Sanchez

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