ÉGLISES

• Mardi 7 mars 2017 à 9h37

Des plaines d’Afrique aux montagnes du Diois

Soeur Georgette, soeur Lucienne et soeur Françoise font partie de la congrégation des soeurs de Notre Dame du lac Bam, une congrégation née il y a juste 50 ans au Burkina-Faso.

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    Soeur Georgette, soeur Lucienne et soeur Françoise font partie de la congrégation des soeurs de Notre Dame du lac Bam, une congrégation née il y a juste 50 ans au Burkina-Faso.

Françoise, Georgette et Lucienne viennent de vivre leur premier hiver. Ces trois religieuses africaines ont quitté leur Burkina-Faso natal le 20 octobre dernier pour la France et les montagnes du Diois ! Un saut dans l’inconnu. «  C’est une aventure pour nous qui ne sommes jamais venues en France. Il faut s’habituer à la culture, à l’alimentation, aux habitudes, et même à la pratique de la foi » confie Sr Françoise. À 52 ans, cette religieuse est devenue une pionnière en ouvrant, avec sœurs Georgette et sœur Lucienne, la première communauté en France des sœurs de Notre-Dame du lac Bam. Cette congrégation autochtone a été fondée en 1967 au Burkina-Faso par un Africain, M gr Denis Tapsoba, avec un Français le Père Alain Gayet, tous deux missionnaires de Notre Dame d’Afrique. Dans ce pays à majorité musulmane, il existe une grande dynamique au niveau de la foi chrétienne et les vocations religieuses se développent. La congrégation des sœurs de Notre-Dame du lac Bam compte aujourd’hui 107 religieuses et des communautés au Burkina, au Mali, au Niger, en Algérie, en Italie, et depuis octobre en France.


À la rescousse de la France


En France où les religieuses vieillissent, la dynamique est inversée avec des communautés qui ferment. C’est ce qui s’est passé à Montlaur-en-Diois où les sœurs de Jésus Serviteur étaient présentes depuis 20 ans. «  L’évêque de Valence et les religieuses nous ont appelées pour prendre la relève. L’Europe est venue nous évangéliser et aujourd’hui elle a besoin des Africains. On répond « oui » au nom de notre foi » expliquent ces femmes qui ont une vocation de missionnaires dans les campagnes.


Elles font du porte-à-porte


Accueillies à l’aéroport par le Père Michel Bravais et deux paroissiennes, les Sr Françoise, Sr Georgette et Sr Lucienne gardent en mémoire le pot offert à leur arrivée et le bon repas préparé pour elles à Die. «  L’accueil est important pour nous qui venons d’Afrique. Le maire de Montlaur est aussi venu nous saluer quand nous sommes arrivés, ça nous a touchées » confient-elles. Il leur a fallu ensuite affronter la rudesse de l’hiver à la montagne avec les routes enneigées et l’isolement de la maison à Montlaur. Courageusement, elles ont entrepris des visites à domicile en faisant du porte-à-porte pour se faire connaître. «  On a plutôt été bien accueillies » constate Sr Françoise. Pour les paroissiens, qui n’ont plus de curé résidant à Die, la présence des sœurs est importante, d’autant plus qu’elles rendent de nombreux services : elles visitent les malades à l’hôpital de Die et les résidents des maisons de retraite de Luc-en-Diois et Châtillon, font la catéchèse des enfants, font partie des équipes liturgiques, des équipes de funérailles, du conseil pastoral… Elles devraient aussi travailler avec les personnes handicapées du foyer de Recoubeau. Leur énergie, elles la puisent dans leur vie communautaire basée sur la prière et l’apostolat.


Une session pour comprendre la France


Début février, Sr Françoise a suivi la session « Welcome » destinée aux religieuses arrivant en France. «  On nous a expliqué la culture française et comment a évolué la foi en France » indique la Sœur qui vient d’une famille très pratiquante où sa vocation de religieuse est née à l’âge de 7 ans. «  Cette session m’a aidé à comprendre la foi en France et à accepter que d’autres croient d’une autre manière. Lors d’un porte-à-porte, un homme nous a dit « je ne viens pas tous les dimanches à l’église mais toutes mes bonnes œuvres traduisent ma foi ». Même les personnes qui se disent non croyantes savent qu’il y a quelque chose à croire. Je ne condamne personne, à chacun son chemin ».


Estelle Prat


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