ÉCONOMIE

• Lundi 13 mars 2017 à 9h45

« Vercors lait » en plein essor

Plus de 300 tonnes par an de « Bleu du Vercors Sassenage AOP » , un « bleu doux et onctueux à pâte persillée » sont entièrement produites et affinées sur le plateau par la Coopérative.

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    Plus de 300 tonnes par an de « Bleu du Vercors Sassenage AOP » , un « bleu doux et onctueux à pâte persillée » sont entièrement produites et affinées sur le plateau par la Coopérative.

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    Des produits du Vercors à retrouver à la boutique de la coopérative à Villard-de-Lans (sur la photo) mais égalent au magasin Vercors Lait au Centre Commercial du Parc Saint-Paul à Saint-Paul-les-Romans.

Avec une production de 600 tonnes de fromage par an, la coopérative basée à Villard-de-Lans, mais qui rayonne sur tout le massif, a un gros projet d’agrandissement.


Depuis plus de 60 ans, une coopérative laitière existe sur le massif du Vercors. Ce regroupement de producteurs laitiers, « unis pour préserver leur métier et leur savoir-faire » , a connu des périodes plus ou moins heureuses au fil de son histoire. À son arrivée en 2007, l’actuel directeur, Philippe Guillioud, reprend les rênes d’une entreprise déficitaire de 400 000 euros. La disparition de la structure est évitée grâce aux investissements des producteurs coopérateurs et au rachat des murs du site de production, situé à Villard-de-Lans, par la CCMV (Communauté des communes du massif du Vercors). Depuis, grâce à l’engagement et à la compétence de Philippe Guillioud, « au travail de toute une équipe de techniciens et de coopérateurs » et suite à la bouffée d’oxygène qu’a apporté la vente des bâtiments, la coopérative dégage des bénéfices et augmente sa production.


Dorénavant, Vercors Lait, devenu « une coopérative prospère » , précise Philippe Guillioud, emploie une trentaine de personnes et collecte 6,5 millions de litres de lait, dont 1,5 million en bio, auprès de 35 fermes du Vercors. Ces exploitations sont surtout situées dans l’Isère, mais également dans la Drôme comme celle de Roche-Rousse à Saint-Martin-en-Vercors.

Daniel Vignon, l’un des exploitants de cette ferme, confirme la bonne santé de la coopérative : « C’est vrai que l’on s’en sort bien. La coopérative est une structure indispensable pour notre label Bleu du Vercors Sassenage AOP, Appellation d’origine protégée. Vercors Lait fabrique des fromages thermisés et non pasteurisés. Le lait n’est chauffé qu’à 63° au lieu de 76° pour le lait pasteurisé et le produit conserve ainsi une partie de la flore naturelle du lait » . En 2016, 600 tonnes de fromages, dont plus de la moitié en Bleu du Vercors Sassenage AOP, ont été fabriquées. La coopérative propose également une large gamme de fromages régionaux, tels que le Vercorais, la Vercorette ou le Saint-Marcellin IGP et depuis peu du « lait du Vercors » UHT. À l’offre de Vercors Lait sur le marché des fromages du Vercors, vient s’ajouter une production fermière d’environ 50 tonnes par an qui tend également à se développer. Des productions le plus souvent en manque de produits, plutôt que d’acheteurs.



La bonne santé de l’agriculture de montagne


Fort de cette bonne dynamique, plus de 3 millions d’euros vont être investis pour agrandir de plus de 1 000 m 2 le site de production et de vente de Villard-de-Lans. Des travaux portés par la CCMV (Communauté des communes du massif du Vercors) qui seront compensés par le paiement d’un loyer par Vercors Lait. Ces travaux concernent des mises aux normes et permettront de rapatrier l’affinage actuellement effectué pour certains produits à l’extérieur du massif. Bien entendu que ces affinages délocalisés ne concernent pas le Bleu du Vercors-Sassenage, dont la totalité du processus de fabrication et d’affinage est depuis toujours réalisé sur place. Ces investissements permettront également de progresser encore en qualité de produit. Une des « clefs de la réussite » , explique Daniel Vignon, car « les exigences dans ce domaine sont de plus en plus présentes et nous ne devons pas rater le train » . Plus largement, la coopérative participe à la bonne santé de l’agriculture sur le Vercors. Le prix d’achat du lait proposé par la « Coop » aux fermiers du Vercors est en moyenne 20 % plus élevé que celui proposé par les géants du marché. Un réel plus pour les agriculteurs qui sont de plus en plus nombreux à souhaiter rejoindre la coopérative du Vercors. Décision par toujours facile à prendre car les producteurs de lait sont souvent liés aux acheteurs pas des contrats.


Un pilier incontournable de l’économie locale


Dans un contexte national, voir international tendu et complexe, les fermiers du Vercors « qui n’ont jamais été atteints par la production intensive » s’en tirent plutôt bien explique Daniel Vignon. Ainsi, même les exploitations conventionnelles, non biologiques, proposent « une agriculture raisonnée et globalement propre sur des terres qui n’ont jamais été détériorées » , explique Philippe Guillioud. Des conditions d’élevage qui, grâce à la bonne nourriture et les bons soins apportés aux animaux, permettent d’obtenir un lait de qualité bien supérieur à celui produit par le bétail élevé aux ensilages de maïs ou autres.

Après des années difficiles, des choix parfois peu judicieux imposés par les techniciens agricoles dans les années cinquante, tels que l’abandon de l’utilisation de la race locale de vaches la « villarde », les agriculteurs ont su s’adapter et se diversifier. L’offre de qualité proposée aujourd’hui correspond à une réelle demande de produits du terroir. Tant de la part des habitants soucieux d’utiliser des circuits courts que de celles des touristes en quête d’authenticité et de produits régionaux.

Une agriculture qui « demeure un pilier important de l’économie locale et un garant de l’entretien des paysages » , précise Philippe Guillioud. Une activité qui se décline également en agro-tourisme, une spécificité du Vercors sans doute à soutenir pour renforcer l’attractivité du territoire.



Gil Borel (clp)



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