CULTURE

• Mardi 14 mars 2017 à 9h30

Les animaux, compagnons des soldats de la Grande guerre

Stéphanie Lopes Nebti présente son ouvrage.

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    Stéphanie Lopes Nebti présente son ouvrage.

Une habitante de Saint-Rambert-d’Albon, professeur en lycée professionnel à Roussillon (38), publie un recueil de nouvelles fictives, dont l’histoire prend place durant la première guerre mondiale.


Stéphanie Lopes-Nebti est rambertoise, native de Vienne. Elle est également aujourd’hui un auteur publié grâce à un recueil : «  Des nouvelles de 14 ? » . Après des études littéraires, munie d’une licence et d’une maîtrise de lettres modernes, Stéphanie Lopes-Nebti se présente aux concours d’enseignement. Simultanément, elle devient une lectrice assidue et écrit avec passion, noircissant de nombreux feuillets destinés dans son esprit à demeurer dans l’ombre d’un tiroir. C’est en 2014, après cinq années de recherche approfondie sur la première guerre mondiale qu’elle envisage pour la première fois d’écrire pour être lue. Patrick Laupin, avec lequel elle participe à de nombreux ateliers d’écriture, l’y encourage. « J’ai donc ciblé un thème peu abordé de la Grande Guerre : la relation privilégiée unissant le soldat à l’animal, qu’il soit sauvage ou domestique. Ce recueil devait être à la fois romancé et bien documenté. Un ouvrage alliant deux valeurs complémentaires, dans ce cas précis, à la fois littéraire et pédagogique » . Objectif affiché : rendre hommage aux combattants du premier conflit mondial et évoquer avec poésie, l’importance et la beauté de la nature, l’implication de l’animal dans ce drame humain, l’horreur de la guerre.


Se raccrocher au vivant


Si elle a choisi ce thème pour son premier livre c’est, explique-t-elle, « parce [qu’elle] est sensible à la cause animale tout autant qu’à celle des soldats de la Grande Guerre » . Elle ajoute qu’elle-même a eu deux aïeux qui ont fait la guerre dans le 99 e régiment d’infanterie. Cependant elle ne les a pas connus personnellement même si elle sait quelques bribes de leur histoire. Tous deux étaient agriculteurs et tous deux sont revenus en vie, l’un blessé par des éclats d’obus et l’autre avec des poumons affaiblis par l’effet des gaz. Dans le livre qui reste une fiction, l’auteur a repris leurs prénoms, leurs blessures, la mention d’une citation à l’ordre du régiment-Champagne 1915, la ferme de l’un d’eux comme décor et même une photographie. Toutefois l’animal héros de la nouvelle en question a été inventé. Pour enrichir sa réflexion, l’auteur s’est appuyé notamment sur l’ouvrage d’Éric Baratay publié en 2013 au CNRS, « Bêtes de tranchée » . De plus, Stéphanie Lopes-Nebti précise avoir lu beaucoup de témoignages de Poilus, notamment ceux recueillis par l’historien Jean Pierre Guéno ainsi que ceux d’officiers renommés comme Maurice Genevoix. Dans chacun, elle a trouvé l’évocation du pouvoir réconfortant de la nature, que ce soit la beauté des arbres ou l’accouplement de deux insectes. « Je suis touchée par ce qu’essaient de nous dire ces soldats, lorsqu’on vit pareil horreur on se raccroche au vivant, il y va de la survie de tous » . C’est par son travail, à la recherche d’un angle nouveau pour aborder la guerre de 1914-18 qu’elle a eu l’idée de l’évoquer à travers les animaux. Ceci notamment dans le but d’intéresser ses classes tant en français qu’en histoire géographie.


Une fiction basée sur les conditions réelles de guerre


Stéphanie Lopes-Nebti est en effet professeur au lycée professionnel à la cité scolaire de l’Édit de Roussillon. C’est aussi consciente d’avoir un devoir de mémoire qu’elle fait son maximum pour capter l’attention de ses élèves sur cette période, à l’heure où il n’y a plus de Poilus vivants pouvant encore témoigner. Elle précise cependant que sa démarche est littéraire et non historique. Elle raconte : « J’ai repris les animaux impliqués dans la guerre, chiens, chevaux, oiseaux mais aussi mouches, rats et même la faune sauvage et j’ai imaginé des situations insolites entre l’homme et l’animal souhaitant les rendre attachants dans leur lutte pour la survie. S’il s’agit d’une fiction, les descriptions sont fidèles et s’appuient sur des situations vécues et relatées par de vrais soldats avec des images fortes comme celle des cadavres pourrissant dans les arbres » . Stéphanie Lopes-Nelti précise qu’il lui a fallu bien se documenter sur l’armement des soldats et l’implication des animaux comme les chiens porte-grenade par exemple.

Les éditions Amalthée, éditeurs de l’ouvrage, assurent qu’il s’agit d’un recueil fluide, évocateur et émouvant avec de jolies descriptions de paysages mais aussi de gestes qui viennent compléter le texte. Il en résulte beaucoup d’humanité et de tendresse pour les animaux d’une part et pour les soldats pas toujours exemplaires mais si humains qu’on s’y attache. En conclusion : « un livre poignant, triste et doux, joyeux et dur qui donne l’impression d’avoir été écrit avec le cœur ».

D’ores et déjà, Stéphanie Lopes-Nebti travaille à poursuivre son œuvre. « Bien que la promotion de ce premier livre, pour ma plus grande joie, m’accapare tout entière, je travaille à un prochain roman dont l’action se situe de nos jours, à Vienne, ma ville natale. Une jeune femme vient d’acquérir une belle maison avec jardin. Au fond de la remise, une malle. Elle y découvre un drôle de carnet, grâce auquel elle va remonter le temps… »



C.C. (CLP)


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