CULTURE

• Samedi 25 mars 2017 à 9h30

Loriol : le comité des Bouviers ne connaît pas la crise

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    La fête des Bouviers attire chaque année en moyenne 10 000 spectateurs avec ses chars tous confectionnés à Loriol par près de 600 bénévoles.

Ce week-end commence à Loriol la traditionnelle fête des Bouviers avec dimanche un défilé de 28 chars, tous confectionnés sur place par différents groupes d’amis. Un corso qui attire en moyenne 10 000 spectateurs et qui mobilise près de 600 bénévoles durant plusieurs mois. De quoi faire rêver certaines associations qui subissent une vraie crise du bénévolat.


Du 25 mars au 1 er avril, la commune de Loriol est en effervescence avec sa traditionnelle fête des Bouviers qui dure plus d’une semaine, avec entre autres un bal, une fête foraine et trois défilés. Autant dire qu’il faut du monde pour organiser, mettre en place et gérer les festivités, portées depuis 1964 par le comité des Bouviers. Et si certains ont du mal à fédérer du monde, la crise du bénévolat étant un réel problème pour bon nombre d’associations, le comité des Bouviers peut se satisfaire d’avoir une belle équipe de 50 membres. « Nous n’avons jamais été aussi nombreux qu’en ce moment. Il y a un renouveau depuis 5 ou 6 ans avec chaque année des jeunes qui intègrent le comité et ça c’est vraiment super » se réjouit Christian Monier, le président.


Comment explique-t-il cet engouement à l’heure où d’autres peinent à attirer des bénévoles et notamment des jeunes ? Pour le président loriolais il y a plusieurs raisons, mais une importante est l’intégration de ces nouvelles recrues : « Si on veut que les jeunes restent et viennent, il faut leur donner des responsabilités et ne pas les cantonner à de basses tâches. Il faut savoir les écouter et prendre leurs idées car le renouvellement a du bon. Au comité des Bouviers c’est notre volonté. Comme les anciens, les plus jeunes ont de vraies responsabilités. Et nous leur avons fait confiance quand ils ont proposé il y a 5 ans de refaire un bal dans le cadre des festivités. Depuis c’est un vrai succès. Idem pour la journée interquartiers lancée il y a deux ans. Nous avons ainsi des jeunes très investis, parfois fougueux mais canalisés par l’expérience des plus anciens. Ça donne une très bonne alchimie qui fonctionne très bien. »


Un comité intergénérationnel


Et ne croyez pas que les jeunes travaillent d’un côté et les anciens de l’autre. A Loriol, l’intergénérationnel se fait naturellement et on retrouve d’ailleurs dans la même commission (vente des chars) le plus jeune membre âgé de 23 ans et le plus âgé, qui arrive sur ses 83 ans. « Mais c’est assez normal car la fête en elle-même rassemble les générations à Loriol , poursuit Christian Monier. Ici la fête des Bouviers c’est une institution, une tradition qui perdure depuis 1922, et des histoires de familles avec plusieurs générations liées à la fête. Et puis pour revenir sur nos jeunes, c’est vrai que nous avons aussi l’avantage à Loriol d’avoir nos classards (jeunes qui fêtent leurs 19 ans) qui font un char et qui participent activement à la fête. Et chaque année nous en avons quelques-uns qui entrent au comité. »

Les 50 membres du comité sont organisés en commission (de 4 à 8 personnes), chacune gérant une chose bien précise : buvette, forains, entretien des machines à roses (utilisées pour la réalisation des chars), groupes de musique présents sur le défilé, bal, entrées le jour du corso, déroulement du corso, programme, recherche de pubs, vente de chars, communication, présentation, lâcher de ballons, et trésorerie, un poste pour le moins important puisque les Bouviers c’est un budget de 100 000 € à l’année tout de même.



Le soutien de la mairie


Autre particularité loriolaise, le comité des Bouviers ne gère que la Fête des Bouviers. « Nous ne sommes pas un comité des fêtes et nous ne portons pas d’autres festivités ou animations pour le compte de la municipalité. Et ça peut expliquer certaines choses. Car aujourd’hui le gros souci c’est de trouver des bénévoles et surtout des bénévoles qui s’investissent sur le long terme. Nous, l’avantage, c’est que nous sommes occupés 6 à 8 mois de l’année, mais en repos le reste du temps. » explique encore Christian Monier qui en profite pour préciser le soutien de la municipalité qui met à disposition le local des chars, indispensable, et qui en cette période d’État d’urgence a pris à sa charge 100 % de ce qui était nécessaire en matière de sécurité (vigile, bloc béton…).


Près de 600 bénévoles mobilisés


Le président loriolais tient à saluer en plus de son équipe du comité, les quelque 600 bénévoles qui s’investissent pendant plusieurs mois pour fabriquer les chars qui défilent pour le corso : « le comité des Bouviers et ses 50 membres c’est une chose mais on ne fait « que » organiser la fête. Ce sont les 500 bénévoles qui fabriquent les chars qui font la fête. C’est notre force à Loriol. Les gens ont envie et ne se posent pas de questions quand vient l’heure de repartir dans la construction d’un char. » La fête des Bouviers est d’ailleurs la seule fête de la Drôme qui mobilise autant de bénévoles. Car il faut préciser que s’il y a beaucoup de corsos dans notre région, ils sont peu à fabriquer tous leurs chars comme à Loriol.


La fête c’est la vie !


Président de la fédération des comités des fêtes Drôme-Ardèche depuis octobre dernier, Christian Monier veut essayer de montrer l’exemple avec l’intégration de jeunes membres à Loriol : « c’est vrai qu’au niveau Drôme-Ardèche c’est un vrai souci ce non renouvellement avec des comités qui n’ont que des membres âgés de plus de 70 ans. Je leur dit que le secret c’est d’accepter les jeunes et de bien les intégrer, mais pour autant ce n’est pas facile de recruter et de faire venir les plus jeunes. Et à Loriol nous restons modestes et ne nous imposons pas en modèle, loin de là, car je sais que cet équilibre que nous avons aujourd’hui est fragile. Au sein de la fédération a été créée l’année dernière une commission jeune dont l’objectif est de recruter du monde. Ils sont notamment intervenus au niveau des TAP dans les écoles de Loriol pour expliquer ce qu’était la fête des Bouviers aux plus jeunes car la transmission c’est aussi quelque chose d’important. »

En président investi tant sur Loriol qu’au niveau Drôme-Ardèche, Christian Monier a un message pour motiver les jeunes, et les gens en général, à intégrer des comités des fêtes et à s’investir dans l’organisation de festivités : « La fête c’est la vie. On en a tous besoin mais il faut du monde pour préparer des festivités. Alors oui c’est un investissement, mais c’est aussi une vraie récompense le jour du défilé de voir le public et des yeux qui pétillent devant nos chars » .



Julie Sanchez


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