ÉCONOMIE

• Dimanche 2 avril 2017 à 9h55

Des carcasses de voitures à l’ombre de panneaux photovoltaïques

Directeur du développement de GPA, Johan Renaud (à gauche) explique aux élus locaux Francis Fayard et Jacques Ladegaillerie en quoi consistera l'extension future du parc de stationnement des véhicules abrités sous des panneaux photovoltaïques. à condition, bien sûr, que le projet soit agréée par la commission de régulation des énergies, à la fin du printemps.

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    Directeur du développement de GPA, Johan Renaud (à gauche) explique aux élus locaux Francis Fayard et Jacques Ladegaillerie en quoi consistera l'extension future du parc de stationnement des véhicules abrités sous des panneaux photovoltaïques. à condition, bien sûr, que le projet soit agréée par la commission de régulation des énergies, à la fin du printemps.

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    Les employés de GPA à l'oeuvre sur un moteur de voiture : ils dépolluent, récupérent les pièces, les nettoient, vérifient leur bon fonctionnement, et en quelque sorte, donnent une seconde vie à l'objet. Un métier bien dans l'air du temps de l'économie circulaire.

Amener sa voiture à la casse. Une telle perspective ne paraît guère agréable à son propriétaire, mais c’est parfois nécessaire. On ne sait pas ce qu’elle devient après : si elle est totalement détruite, si des pièces sont récupérables. Cela, c’est le métier des employés de GPA à Livron, dont le rôle est de dépolluer, démonter, revaloriser, et d’une certaine manière recycler le véhicule en question. Un métier au final très intéressant, bien dans l’air du temps du développement durable, puisque ce faisant, cette société drômoise employant plus de 150 personnes (plus grosse unité de la sorte en France), s’inscrit dans ce qu’on appelle l’économie circulaire.


Elle traite 17 000 véhicules par semaine, et presque chacune des pièces récupérables trouve un destinataire ensuite, chez les professionnels ou les particuliers. En la matière, l’entreprise livronnaise se situe à la première place en France et voit son chiffre d’affaires augmenter d’année en année (23 millions d’euros aujourd’hui).

« Nous créons des emplois locaux non délocalisables, et à forte valeur ajoutée » , explique Johan Renaud, directeur du développement à GPA. « Notre entreprise, à l’origine, est familiale. Mon grand-père, dans les années soixante-dix, s’était posé la question de valoriser les déchets issus de l’automobile. Cette conviction pour la protection de l’environnement perdure aujourd’hui » .

Et pour les années à venir, GPA compte en faire davantage à ce sujet. Elle porte un projet d’agrandissement (10 hectares supplémentaires, de 12 à 22 hectares) pour le stockage de véhicules qu’elle reçoit et qui sont stationnés à l’air libre, projet qui de surcroît entre dans la dynamique du développement durable : Johan Renaud voudrait couvrir le futur grand parking avec des ombrières photovoltaïques sur 5 hectares. L’avantage, c’est aussi que « la matière première » serait préservée : certaines voitures, qui restent stationnées plus ou moins longtemps peuvent parfois être abîmées par les eaux de ruissellement.

L’énergie photovoltaïque produite pourrait couvrir la totalité de la consommation de la ville de Livron et une partie de celle de Loriol. L’investissement est conséquent (13 millions d’euros), mais GPA compte être retenue au titre des projets innovants par la Commission de régulation de l’énergie et bénéficier ainsi d’une subvention de l’État. À titre d’amortissement, l’usine livronnaise percevrait un loyer de 7 500 euros. « Mais globalement, c’est une opération blanche, avec une rentabilité d’à peine 4 %, le projet me coûte, et ne me rapporte rien ; c’est davantage par conviction personnelle que je lance l’entreprise là-dedans » , affirme Johan Renaud. Reste maintenant à convaincre la commission à la fin du printemps.



Cyril Lehembre



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