ENVIRONNEMENT

• Dimanche 7 mai 2017 à 9h04

Pyrale du buis : où en est la recherche pour lutter contre ce fléau ?

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A l’issue de l’assemblée générale de la Société des agriculteurs de la Drôme, Jean-Claude Martin, ingénieur de recherche à l’INRA (Institut national de recherche agricole) PACA, a présenté où en était la recherche concernant ce véritable fléau que constitue la pyrale du buis.


« Originaire de Chine, Corée, Japon, la pyrale du buis est un insecte nouveau sur le territoire qui est arrivée jusqu’à nous par la Géorgie, l’Iran, et Sotchi, lors des Jeux Olympiques, et est apparue en France en 2008 par l’Alsace, a rappelé Jean-Claude Martin. Ce papillon, reconnaissable par ses ailes bicolores brunes et blanches portant, de part et d’autre, une petite ancre brune foncée, colonise les jardins, les parcs et les forêts, en dévorant les feuilles des buis et en asséchant ces arbres ornementaux et/ou sauvages qui servent de refuge à certaines espèces animales. »


Avec trois pontes par an de 1 200 œufs en moyenne par femelle, entre mai et octobre, et une durée de vie de trois semaines environ, les dégâts causés par cet insecte sont considérables. Le fait d’assécher les buis fait également craindre des risques d’incendie et pour le maintien de l’habitat en milieu naturel, notamment pour les abeilles dont le butinage est fortement concurrencé par les papillons.


Quelques solutions


Pour lutter contre ce fléau, des solutions existent. « Si les nématodes (vers) s’avèrent non adaptés, a précisé l’ingénieur de recherche, les traitements du feuillage à base de Bacillus thuringiensis ont montré leur efficacité. » (BTK à se procurer en jardinerie et à effectuer dès les premiers beaux jours de mars-avril). De même la régulation par le piégeage phéromonal des papillons mâles constitue un bon moyen d’intervention, « dans certaines limites cependant, a tempéré Jean-Claude Martin. Les meilleurs pièges sont ceux qui fonctionnent avec de l’eau, difficiles d’utilisation lors des fortes chaleurs estivales. C’est pourquoi, l’INRA vient de déposer un brevet d’invention, le BUXAtrop, pour un piège sans eau à poser fin avril-début mai et contenant des phéromones qui tiennent entre deux et six mois. »


Mais le meilleur moyen de lutte repose sur la régulation biologique par des parasites prédateurs qui causent la mort de l’oeuf ravageur (à faire en mai-juin) et par des prédateurs naturels, tels la mésange. « Il s’agit alors d’installer des nichoirs, d’un diamètre de 32cm, pour favoriser leur nidification », a conseillé l’ingénieur de l’INRA tout en révélant la recherche faite actuellement sur d’autres parasites ou prédateurs naturels comme la mouche tachinaire ou le pinson.


« A moins d’attendre tout simplement la fin de cette invasion. La pyrale se nourrissant uniquement de buis disparaîtra automatiquement quand il n’y en aura plus. Mais est-ce une solution à envisager vraiment et combien de temps cela prendra-t-il ? » La question reste posée. En attendant, il est toujours possible d’installer l’application AGIIR (Alerter, Gérer les Insectes Invasifs et/ou Ravageurs).


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2 commentaires

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Vos commentaires

  • Selva

    Compte-rendu intéressant mais qui n’apporte rien de neuf sur la biologie de la pyrale ni sur sa lutte dans les moments actuels où une nouvelle génération très importante est apparue depuis une semaine environ. Les buis qui nous entourent sur les collines sont secs et sans feuilles. Nous n’avons pas de buis dans notre jardin qui se situe dans notre hameau isolé au bord d’une rivière dans le sud de la Drôme. Les observations de ceux qui vivent toute la journée entourés des vols désordonnés de ces papillons pourraient apporter un regard aux chercheurs, mais ?
    Savez-vous que le Geai mange les pyrales noyées dans des bassines qui captent la nuit des dizaines de pyrale avec simplement : eau, savon noir et sucre ( la capture ainsi complète les pièges plein en une ou deux nuits). L’an dernier changeant les pièges tous les jours nous n’avons eu aucun pb de disparition de l’eau par la chaleur dans les pièges que nous avions installés et qu’il fallait vider tous les matins car ils étaient noirs de papillons car entièrement pleins.
    Bref, déception énorme sur la conclusion de Mr Martin. La pyrale, les buis étant morts, ne pourrait pas s’adapter à un autre arbuste ? pour survivre.

    Cordialement
    Monique Selva (diplômée en biologie université de Paris)

  • Selva

    Un autre détail,l’article mentionne que le nichoirs à mésanges “d’un diamètre de 32 cm”, ce qui est une erreur que vous avez sans doute corrigé, l’ouverture du nichoir est de 32 mm pour la mésange charbonnière la plus fréquente je crois dans notre région.
    Cordialement
    Monique Selva